23 Street runs into heaven

You stand near the window as lights wink
On along the street. Somewhere a trolley, taking
Shopgirls and clerks home, clatters through
This before-supper Sabbath. An alley cat cries
to find the garbage cans sealed; newsboys
Begin their murder-into-pennies round.

We are shut in, secure for a little, safe until
Tomorrow. You slip your dress off, roll down
Your stockings, careful against runs. Naked now,
With soft light on soft flesh, you pause
For a moment; turn and face me —
Smile in a way that only women know
Who have lain long with their love
And are made more virginal.

Our supper is plain but we are very wonderful.

Kenneth Patchen 1911 – 1972, peintre et poète américain, qui est aussi l’auteur d’un livre remarquable publié en 1941 :
« Le journal d’Albion Moonlight » (flammarion, 1979) qui narre l’errance d’un personnage, Albion, à travers un paysage apocalyptique, celui de la seconde guerre mondiale qui commence alors.
Ce journal, constitué d’étranges récits croisés ou imbriqués, explore les différents systèmes de narrations ainsi que l’espace du livre, un espace typographique expressif. Les expérimentations de Kenneth Patchen ne s’arrêtent pas là puisqu’au début des années cinquante il est le premier poète à s’essayer à la lecture publique accompagné par un orchestre de jazz (the Chamber Jazz Sextet), nombreux sont les poètes Beat qui s’y sont mis un peu plus tard.

KENNETH PATCHEN avec ALAN GINSBERG

J’ai réalisé cette photographie dans le métro de NYC en juin 2010