Peintres, aux armes !

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Fontana
Aiguises ton couteau,
Car si ton regard parfois
Parcouru d’étranges bleuîtés
Figure des secondes gigantesques
Des stigmates réticulées,
C’est que le licier,
Les reins brisés sur son métier,
Dévide une toile calamistrée
Qui se moutonne de pâleur
En un odieux pourpoint.
Ce reflux qui larmoie
Aux pieds de tes remparts,
Les nuages en festons
Sur tes tableaux gravés,
Ta tourmente emprisonnée
Dans un peu moins d’un mètre carré,
Sur ces collectionneurs poupins
Fais les se déverser ;
Car des milliers comme toi
Veulent briser les écluses.
Regarde,
Ces mains bien acérées
Recouvriront sous peu le ciel
D’immenses lacérations,
De propos stridulants,
D’édifices brisés,

Du talent de tous les suicidés.

G.AdC