Sur la terre immobile  

 

Pendant que je cherchais,
le jour se perdait.

Nous  étions  immobiles.    Pourtant  le
vent venait. Dans les sillons, le ciel    —    par ce froid qui
exsude, et qui glace, dans les sillons, en proie au ciel.

Dès l’instant où la lumière
se déclare, il y a ce feu dilapidé dans le jour.

Je n’ai rien su avant de m’immobiliser.

Sans m’étonner
alors, chevillé à la terre meuble que le froid, aujourd’hui,
ne peut pas niveler, de ce qui se découvre immobile,
lampe dans le jour
nul.

André du Bouchet