L’ombre est une ligne de crête
fissurée de lave et d’impossible
Elle griffe son appui illisible sur le ciel écorché
Pour acheminer le noir
— sa partition verticale —
un pont craquelé enroule écailles et copeaux
L’autre moitié de l’ombre est granulée de neige bleue
Dans ce livre de cendres
aucune parallèle n’attend le ressac
Tu sais le gouffre derrière l’œilleton
Suspends ta signature
au liseré des lèvres de l’ombre
Roselyne Sibille, Ombre monde, Les éditions Moires,
Collection Clotho, 2014, page 59.