
« Même maintenant je vois un geste nuptial
après l’immense distance de cet été lent
dans la courbe de ses tiges amères
après les années qui au-devant d’elles
ont barré l’amour pour qu’il ne se perde
jusqu’à le perdre assourdi contre l’herbe.
Aujourd’hui c’est une nuit de pluie.
Nous pouvons la traverser selon deux lueurs diverses sans lumière
dire, en touchant le bord gelé d’un verre
que tant d’éloignement n’a pas été une erreur
s’il a ceint et dissipé secrètement
tout désir irréel. »
Antonella Anedda, Nocturnes, Nuits de paix occidentale, in Les Cahiers de poésie-rencontres, « Écritures de femmes », n° 49-50, page 23. Traduction de Marcu Porcu.