L’Ombre du portail Corse ancien

Le portail, vieux gardien des jours passés,
Porte sur ses gonds rouillés l’ombre d’un autre temps,
Il se tient là, fidèle, sans jamais vaciller,
Sous les doigts du Libecciu ou la caresse du vent.

C’est le souvenir des voix qui l’ont franchi,
Les rires perdus, les silences feutrés,
Les promesses gravées dans l’air adouci,
Par l’or des crépuscules et le parfum du figuier.

Dans le creux de la nuit, quand le monde s’apaise,
L’ombre du portail murmure encore ses secrets,
Les mots oubliés, les craintes et les fadaises,
Qui peuplaient autrefois les jardins étoilés.

Ainsi, sous la lune pâle ou le soleil brûlant,
Le portail s’ouvre et ferme, et son ombre revient,
Trace d’un passé que le temps emportant,
Laisse flotter encore, dans ce jardin Corse ancien.

G.AdC