Les ombres envahissent

corps

les ombres envahissent
la séparation n’a pas de règles
on voudrait seulement vérifier
le rythme de son souffle

s’il console le cri venu de loin
il ne répare pas les vieilles peurs
les fuites les appels

on échoue toujours sur des plages inconnues

naufrage oublié
tous les oiseaux de mer à la rencontre

le matin ne veut plus de nos nuits
de nos massacres de phalènes
le matin monte à nos gorges desséchées
rejeter nos filets au courant.

Luce Guilbaud