L’éphémère de l’éternité

Le poète ne murmure pas et ne se fige point.
Il décèle l’éphémère de l’éternité
dans tous les moments suspendus de l’humanité ,
ceux là mêmes qui restent secrets et insaisissables
à la voie de la raison.

Il tient un court instant, dans son cœur,
ce qui s’efface instantanément aux yeux des masqués.
Il assiste aux mouvements créateurs des âmes
qui se renouvellent pour y apporter ce supplément
lors des soubresauts hésitants, désorientés et passionnés.

Le poète s’empare de la question de l’existence
sans volonté de l’amener vers des réponses,
si souvent sclérosantes, emplies de la crasse prétention du certain.
Il laisse les contours du tableau se recréer sans cesse
à partir des battements du coeur,
dans la pulsation de la nécessité vitale.
Il s’en empare et se met en mouvement pour ne pas mourir.

Petru Pasqualini