La mer nous devance

 

 

 

 

Fourmille dans notre sang ce tissu de mer — écho
Et claquements de voiles
Où vient l’élan d’une plaine fatiguée de vagues
Ouverte comme un jour de mai qu’aucun corbeau n’assaille
Nous sommes sans voix Sans souffle
La mer nous tient à bras le corps
Plonge ses doigts dans nos yeux
Par le chemin des veines elle monte vers le cœur
Qu’atteint-elle en nous que nous ne fréquentons pas ?
Dans l’avant-jour
Partout elle nous devance

Emmanuel Damon | [Fourmille dans notre sang ce tissu de mer]