De grêle et d’éclairs

déjà s’inscrivent sur des feuilles
les mémoires d’une canicule

et pleurent sans larmes
des saules à l’abandon

en cohortes basculent des présages
au seuil de puits asséchés

sous des murailles incandescentes
se consument les broussailles

une torchère traîne au Golgotha
des lambeaux d’horizon

autodafé où se bousculent
siroccos et brasiers indécis

en vain se dilatent des nuages
enceints de grêle et d’éclairs

tandis qu’étincellent en silence
les enluminures des grappes

Claude Luezior