Comme les tentures mûres

 

 

 

 

 

 

 

Il est des heures rares
où toute apparence alentour vacille s’humilie s’efface
comme les tentures mûres
fermant la scène, l’acte fini, dans la cohue.

Les sens sont engourdis, la minute en soi se complaît ;
et dans nos yeux vaguement étourdis
sans cause un sourire naît.

Eugenio Montale, « Hautbois », Poésies éparses, in Poésies VI, Derniers poèmes, Gallimard, 1988, page 261.