On navigue entre des passés des images

commissure

      
Alors le temps s’étiole. La nuit
se fait plus courte de jour en jour.
Le paysage des yeux seul demeure
fidèlement aux croisées de l’enfance
témoin de la permanence du ciel.

On navigue entre des passés
des images.
On retrouve la clé du fugitif instant
où l’on avait cru accéder
à la claire futaie de la joie.

On y aurait gagné la transparence
pour peu que s’arrêtât la ronde des oiseaux
ou qu’un jeune regard soudain se fût posé
là où naît le sourire
juste à la commissure.

Jean-Pierre Thuillat