– PARIS ET LA PROCHE BANLIEUE –


LE PATRIMOINE URBAIN CONTEMPORAIN  (au regard de la révolution cybernétique) A-T-IL UN SENS POUR LE FUTUR ?

  LA QUÊTE D’UNE MÉTHODOLOGIE


DEFINITION ________________________
QUE SONT CES TERRITOIRES DE L’INCERTITUDE ?

Dans les territoires de l’incertitude s’opère actuellement la redéfinition de notre société et de son environnement en mutation vers un avenir aléatoire. Avec l’émergence récente de la cyber-culture il nous faut regarder les édifices qui la ponctuent, pour en faire le relevé en forme d’inventaire, afin d’en garder les traces précises pour une mémoire du futur.

Il s’agit de territoires frontaliers et interstitiels, qui font qu’il est difficile de décrypter en quoi le cyber-espace (il est immatériel et pourtant omniprésent)  fait ou pourra faire partie d’un patrimoine tangible.
– ♦ Frontaliers, parce qu’ils peuvent constituer les espaces physiques  à la marge de notre société, où s’affrontent des problématiques dont on ne connait pas tous les enjeux.
– ♦ Interstitiels, parce que ces problématiques occupent transversalement l’espace urbain. Ce sont des territoires vitaux qui au travers de stratégies, souvent intuitives, expérimentent des usages de l’espace, des relations environnementales et sociales inédites,  à mi-chemin entre les héritages du passé et les présages du futur.

À travers une approche sélective, donc non exhaustive, il conviendra de définir un mode d’appréhension et de compréhension de ces territoires et paysages humains qui  les représentent. ( justement par leur incertitude, comprise comme indétermination et complexité potentielle ) Les limites concrètes échappant, pour la plupart,  à la reconnaissance et leur valorisation éventuelle !


VOCABULAIRE ________________________
QUELS MOTS POUR REGARDER LA VILLE ?

De nombreux symptômes révèlent la période de transition qui fut la nôtre, (nous dirons le XX ème siècle). Ils sont d’abord d’ordre linguistique : la faiblesse du vocabulaire pour parler de l’architectonique se heurte en effet  à la complexité des espaces urbains contemporains. Nous utilisons encore des mots génériques, trop flous pour nommer et qualifier les questions spatiales, des mots incertains et redondants, incapables de saisir le véritable sens des lieux  et  des non-lieux qui nous entourent.

Mais cela n’explique pas tout. Les façons dont nous représentons et concevons la dimension urbaine sont révélateurs de symptômes plus profonds qui tiennent  à notre culture artistique, en France trop souvent négligée ( par rapport à l’Italie ) . Si nous nous y arrêtons, nous ressentons une nécessité encore plus vitale que celle d’un nouveau vocabulaire : il nous faut concevoir un nouveau mode d’appréhension du phénomène urbain.

TERRITOIRE ________________________
QUI Y A T IL DERRIERE LE PRETENDU CHAOS ESTHETIQUE ?

Si nous tentons de voir « le temps dans l’espace », nous serons peut-être en mesure de comprendre que les territoires urbains contemporains rassemblent une multitude d’agissements individuels et non concomitants  à l’intérieur de quelques mouvements physiques réguliers – distincts par le rythme, la duré, l’intensité, mais surtout en paraphrasant Edwards T. Hall dans « leurs dimensions cachées. »  

Chacun de ces mouvements réguliers se reproduit dans des espaces différents et lointains, et révèle une organisation spécifique des relations sociales et des processus de prise de décision. Ainsi, derrière le chaos esthétique produit par la juxtaposition apparemment incongrue de bâtiments uniquement soucieux de leur écriture particulière, nous assistons  à l’apparition d’un phénomène entièrement différent : le pouvoir excessif de quelques principes d’ordre.

L‘ordre spectaculaire marchand capitalistique, celui qui régit l’édification des bâtiments de l’époque car comme le disait Henri Lefèvre : « l’urbanisme c’est la projection au sol de rapports sociaux déterminés »  !
Les édifices  à inventorier seront donc les attributs émergents de cette hypothèse. Elle s’énonce ainsi :

Comment la pensée est-elle spatiale ? Comment l’espace pense ? L’importance du lieu, de la place et de son partage avec autrui indique l’importance de l’architecture, le fait qu’elle soit au fondement de toute existence. L’idée est de se pencher sur ces lieux ordinaires, ces lieux impensés. C’est ce que voulait entreprendre Le Corbusier avec son « espace indicible » où il s’agirait  de bâtir des « machines à émouvoir ».

Le travail reste plus que jamais à faire .

Guidu Antonietti di Cinarca


– MARSEILLE ET EURO-MÉDITERRANÉE –