Un baiser d’écume

 

 

le jour contient la nuit & la nuit contient le jour
nous le savions. le savions-nous avec un présent plus puissant que ses suites ?
& croire a un coût.
tu ne me lis plus. me lis-tu encore ?
sur la grève une peau se jette & se rejette au rythme des marées.
on vieillit. on perd la mémoire avec la clé qui n’ouvre aucun paradoxe.
finalement on perd le corps des passions. le perd-on ce corps ? connaît-il un temps dans lequel se perdre ?
l’abandon creuse au cœur des cœurs son assise bourgeoise
le combat se meurt.
là où je choisis de mon rendre le choix n’existe pas : poursuivre par les mots malgré la poitrine écrasée du monde. de loin convoyer les étoiles. t’écouter dire en espérant qu’aucun masque ne se froisse sur tes lèvres. t’aimer bien sûr en laissant filer un baiser d’écume dans le grand livre des saisons.

Jos Roy