Santa Maria Assunta de Pino

Il s’arrête sur la place déserte. Son âme d’architecte frémit. Un secret enthousiasme le gagne tandis que l’ombre de sa silhouette longue s’absorbe dans la blancheur solaire des murs. Il tourne autour de la noble bâtisse. De belles proportions. Il observe, s’éloigne, prend le recul nécessaire, se rapproche. Il s’approprie formes et volumes. L’église est là, qui offre à son œil avisé sa façade baroque tournée vers la mer. Il capte. Faîtage et linteaux, listels et encorbellements. Les entrecroisements de colonnes s’élancent vers le ciel. Dans l’effleurement léger d’une caresse. Guidé par le sillon sûr des pilastres, l’œil sidéré se lance à l’assaut de l’azur. Vertige. Le regard un instant se blottit dans l’arrondi accueillant d’une niche. Ciel de lit. Reprend sa quête vers l’idéal. Harpe, tympan. Modénatures, jambages, cannelures. Élévation, jubilation, vertige. Entre la pierre et le végétal, quel dialogue ? Le feuillage enfiévré du platane se tient à distance. Le pot-à-feu, orgueil de formes et de spirales, toise le grand arbre. Majestueux silence. Corniches et volutes en pavois, torsades d’ocres délavées par le vent. Le vaisseau de l’église se joue de l’espace. Il glisse silencieux dans l’océan du ciel.  De ses étraves fines, il fend la verticalité des airs. Indomptable félinité. L’évanescence d’un nuage décuple ses ardeurs. Les colonnes d’Hercule, bientôt, signeront les bornes du voyage immobile. Éternité.

Angèle Paoli

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