Plus forte que la forêt

Plus forte que la forêt au Désert,
Anna Livia en sa lancinante mélopée
se fraie un passage dans l’énigme
de l’invisible : Loup, y es-tu ?
Sa demande pressante monte au faîte,
rythme de grands rais les sapins mais,
dessous, les mousses et les fougères
étouffent les mots dans la répétition.
Ils semblent s’éloigner pour mieux revenir :
Loup, y es-tu ? M’entends-tu ?
L’œil glaneur par aguets, la parole émotive
court le risque de l’incarnation, trouve
framboises comme alliées de secours
et la voix rouge de sa dévoration
l’hardie enfant étourdiment triomphe :
Loup y est pas, il nous mangera pas !

Quelle mère-grand démentirait son chaperon ?

Sylvie Fabre G.