Le gant

 

 

 

 

 

Ami, je me surprends à embrasser un gant ;
Je porte à mes lèvres ces doigts vides et doux,
Mon regard se noyant dans un rêve méchant,
Guidé par la fièvre de mon esprit jaloux.

J’imagine, défait, que s’y glisse ta main,
Dont la tiède caresse a séduit tous mes sens ;
Son fin dessin parfait s’abritant du regain
D’une pluie épaisse dont la haine est intense.

Marie-Jeanne DUTILLEUL