La poétique du béton

             PAS DE CHANTIER SANS ARCHITECTE !

On a toujours voulu voir dans la formation des architectes, une valorisation excessive de la fonction créative, façon d’ironiser sur une soi-disant impréparation à affronter les réalités techniques, donc économiques. Des décennies de crise sévère ont rendu cette confortable idée caduque. En réalité sous la pression des événements, en devenant meilleurs techniciens, les architectes ont opéré une vraie révolution culturelle. Tendus sur les stricts aspects économiques de l’acte de bâtir, on leur oppose souvent, leur vocation exclusivement culturelle, pour justifier leur éviction au profit de “professionnels compétents” qui assumeraient à leur place les spécificités techniques pour lesquelles ils seraient inefficients. Voilà où se situe la mystification, elle conduit à ignorer la mission essentielle de synthèse des éléments d’un projet. Aucun responsable conscient ne peut ignorer qu’elle n’est valablement assurée que par le concepteur lui-même tout simplement, parce qu’il est l’auteur du projet. Il n’y a donc pas lieu d’opposer fonction technique à fonction culturelle ou “artistique”, elles sont indissolublement liées. Il suffit simplement d’en fixer l’ordre hiérarchique. Ainsi comment de tout ce foin gaspillé faire jaillir un bon grain ? Au lieu de geindre sans cesse en s’inventant des usines à gaz au cyber-pétrol, et plutôt que de s’inscrire dans le sillage de prédateurs cyniques, osons dire simplement : je suis Architecte, mon rôle consiste à dresser le projet dans toutes ses dimensions  – sociales, culturelles, artistiques, fonctionnelles, techniques et économiques -. J’ai le devoir de mener le projet à terme, j’en exécute donc toutes les phases, et je me donne tous les moyens de le faire, je suis tout particulièrement attentif à sa réalisation, le chantier est ma vraie vocation.

G.AdC

La revanche du béton