La nuit incline le ciel

Oh,
ce désordre de disparaître !

Affolé dans le soir, l’insecte fou ne sait
la solitude. Nuée. Il laissera trace noire.
Suivre le fil. Signes, bâtons. Mandibules.
Nous lisons les lettres inverses,
le mot se tend ― lettre dernière.

La nuit incline le ciel.
Trop de silence a pesé sur les ailes fines,
brûlées. Le soir. En son rideau de braises
guide une ligne courbant
ton dos fragile.

Tu recommences,
dépouillant les armes : blanc sera
ce que fut l’aube. Et commence condamné
le retour des nombres :
le résultat n’est pas
le jour.

Isabelle Lévesque