La mémoire et l’oubli

 

Tous les vieux sont pareils,
le monde où ils vivent ne les intéresse pas,
ils s’y trouvent mal, ils ne le comprennent pas,
ils le sentent hostile,
et par conséquent leur mémoire ne l’enregistre pas.
C’est pourquoi ils se souviennent des événements anciens,
et non des récents:
ce n’est pas une question de sclérose,
mais de défense.

Leur vrai monde, c’est celui de leurs jeunes années,
bon par définition: le bon vieux temps,
même s’il a fait cadeau
de deux guerres mondiales à l’humanité.

Primo Levi / son portrait par mes soins
Lilith et autres nouvelles